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Un autre coup d’œil aux coûts de notre système de soins de santé

Au cours des derniers mois, nous avons beaucoup entendu parler des coûts de notre système de soins de santé, et les faits sont les faits.  Le coût des soins de santé par habitant au Nouveau-Brunswick est supérieur à la moyenne nationale. Le gouvernement a chiffré cet écart : nous pourrions économiser plus de 200 millions de dollars si nous pouvions réduire nos coûts jusqu’à la moyenne. Des statistiques surprenantes.

Actuellement, deux nouveaux groupes de travail du gouvernement sont chargés d’examiner comment économiser. Nous sommes totalement d’accord avec un examen périodique de la prestation des services afin de nous assurer d’avoir le maximum pour notre argent. En tant que médecins, nous entendons sans cesse parler des raisons pour lesquelles les listes d’attente sont longues, des raisons pour lesquelles on ne peut faire subir des tests plus rapidement et des raisons pour lesquelles les services si pressants ne peuvent être prodigués. Nous n’avons pas les ressources nécessaires. Pour nous, il est primordial de bien utiliser les ressources. Mais nous aimerions également présenter une autre facette de la médaille en quelque sorte. Nous possédons également des statistiques qui pourraient expliquer pourquoi notre système de soins de santé est plus coûteux que la moyenne nationale. Il suffit de compter les habitants.

Chaque Néo-Brunswickois connaît un ou une jeune qui est parti habiter dans une autre province. Le départ de notre nouvelle génération fait en sorte que le Nouveau-Brunswick est la deuxième province canadienne comptant la population la plus âgée.  Par ailleurs, les aînés ont besoin de visites plus longues chez le médecin et leurs visites sont plus fréquentes. Ils ont besoin de cinq fois plus de ressources de santé que les jeunes. Dans ma ville de Bathurst, les aînés sont plus nombreux que les enfants dans une proportion de 3:2, l’un des taux les plus élevés du Canada.

Les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises comptent parmi les personnes les moins en santé de la nation. Soixante pour cent ont au moins une maladie chronique; 13 % d’entre eux  prennent six médicaments ou plus. Nous avons le deuxième taux le plus élevé d’invalidité au Canada, le troisième taux le plus élevé de diabète et le troisième taux le plus élevé de cancer. Nous sommes la deuxième population la plus en surpoids, deux tiers d’entre nous étant en surpoids ou obèses. La moitié seulement d’entre nous croient être en bonne santé ou en excellente santé, mais seulement la moitié croient que notre santé dépend de notre manière de prendre soin de nous-mêmes, ce qui correspond au deuxième taux le plus faible au Canada.

Donc, en fin de compte, nous sommes bien au-dessus de la moyenne nationale sur le plan de l’âge et de nos maladies. La plupart d’entre nous ne peuvent pas échapper aux maladies chroniques. Mais tous peuvent comprendre que le fait que notre système de santé coûte cher n’a pas vraiment de lien avec la moyenne nationale mais davantage avec notre état de santé.

Nous entendons rarement parler du bon rendement du système de santé malgré les difficultés. Le Nouveau-Brunswick offre certains des meilleurs services de santé de la nation. Un rapport national récent nous a évalués à la fois sur le plan du rapport qualité-prix.  Le rapport a révélé que nos coûts étaient en fait moyens, mais que notre valeur en dollars était élevée. En fait, voici un autre classement : nous avons obtenu l’un des meilleurs pointages du pays au chapitre du rapport qualité-prix.

Chaque jour, nous voyons  20 000 patients. Il est difficile de changer leurs besoins par décret ou en réduisant le financement ou en scrutant de plus près. Au cours de sa visite de consultation en 2012, l’ancienne ministre de la Santé a appris que la plupart des gens au Nouveau-Brunswick croient que nous pouvons obtenir de meilleurs résultats en santé en mangeant moins et en marchant plus. Franchement, nous croyons que la solution s’en vient.

Comprenez-moi bien : il y a certainement de la place pour de l’amélioration. Nous serons des partenaires complets en améliorant la viabilité à long terme du système. Mais avant de passer trop de temps à nous demander pourquoi notre système coûte plus cher par habitant que la moyenne nationale, jetons un autre coup d’œil.

Robert Desjardins, MD FRCPC
Président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick