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Nous avons besoin d’un plus grand nombre de médecins de famille

Nous croyons que chaque Néo-Brunswickois devrait avoir un médecin de famille.

C’est un des trois enjeux majeurs évoqués par nos patients. Les temps d’attente à l’urgence et le besoin d’un plus grand nombre de foyers de soins sont les deux autres enjeux.

Les médecins de famille sont importants dans la vie de chacun. Ils nous aident à régler nos problèmes de santé avant qu’ils ne s’aggravent. Ils donnent des soins à la fois aux bébés, aux jeunes et aux aînés, en tout temps. Les médecins de famille sont les quarts arrière du système de soins de santé et ils sont spécialement qualifiés pour offrir des soins et des services de défense au nom du patient.

Nous demandons régulièrement à un certain nombre de Néo-Brunswickois s’ils ont un médecin de famille, ce qui nous aide à déterminer si l’accès des patients aux médecins de famille s’améliore. Actuellement, nous dépassons la moyenne nationale, car plus de 90 % des Néo-Brunswickois ont un médecin de famille. Mais ils ont parfois de la difficulté à le voir. Nous y reviendrons. En revanche, 50 000 personnes n’ont aucun médecin, et la liste d’attente provinciale compte des milliers de patients.

Pourquoi est-ce important?

L’accès rapide aux soins en raison de problèmes de santé est critique. La plupart des Néo-Brunswickois qui ont besoin de soins sont atteints de maladies chroniques, ce qui exige une prise en charge continue. Si les patients n’ont pas accès à un médecin de famille, ils ne reçoivent pas les soins préventifs et continus dont ils ont besoin pour jouir d’une bonne santé.

Les patients sans médecin de famille doivent utiliser les salles d’urgence et les cliniques sans rendez-vous pour leurs besoins mineurs en santé, ce qui n’est pas bon pour plusieurs raisons. Premièrement, il y a peu d’échange de renseignements entre les divers médecins, ce qui entraîne la répétition des tests. Deuxièmement, on n’effectue pas de suivi de leurs besoins en matière de santé au fil du temps, car les soins sont épisodiques. Troisièmement, une approche morcelée fait perdre du temps au patient et gaspille les précieuses ressources destinées aux soins de santé.

Les défis actuels

Le système de soins primaires du Nouveau-Brunswick repose sur un modèle très ancien : la personne tombe malade et voit son médecin qui lui prescrit un remède. La personne retourne ensuite chez elle. Au 21e siècle, les médecins savent que ce n’est plus la manière habituelle de procéder.

  • Outils. Trente-quatre pour cent seulement des omnipraticiens utilisent un système de dossiers médicaux électroniques (DME), ce qui correspond à environ la moitié de la moyenne nationale. Les DME aident les médecins à donner des soins de meilleure qualité.
  • Équipes. On encourage la plupart des médecins du pays à travailler avec les autres fournisseurs de soins, mais 16 % seulement des médecins du Nouveau-Brunswick travaillent dans une pratique interprofessionnelle.
  • Accès rapide. Les médecins du Nouveau-Brunswick possèdent l’une des clientèles parmi les plus nombreuses au pays : 1800 patients par omnipraticien, comparativement à 1000 patients par omnipraticien chez notre voisin québécois. Cela signifie que 30 % seulement des Néo-Brunswickois sont capables d’obtenir un rendez-vous avec leur médecin le même jour.

Les patients ont besoin d’un médecin de famille doté des bons outils, de la bonne équipe et du bon horaire.

Dans le but d’améliorer réellement les soins primaires donnés aux patients, nous avons besoin de mesures concrètes pour :

  • Accélérer l’accès aux soins grâce à la formation d’équipes de soins plus axées sur la collaboration dans lesquelles les médecins, les infirmières praticiennes et les fournisseurs de soins connexes travaillent ensemble.
  • Éliminer l’approche coercitive du Nouveau-Brunswick quant à l’endroit où les médecins donnent des soins aux patients et quant à la méthode, tout le processus actuel étant régi par le système inadéquat de numéros de facturation.
  • Moderniser la rémunération des médecins au Nouveau-Brunswick pour nous assurer que, comme la plupart des autres provinces, nous offrons aux médecins plus d’un modèle de rémunération à l’image de la médecine de famille actuelle.
  • Créer et exécuter une stratégie de recrutement des médecins afin de nous assurer de ne pas former la prochaine génération de médecins de l’Alberta et de pouvoir remplacer ceux qui partent.
  • Participer de manière responsable comme partenaire du programme provincial de DME, qui est maintenant considéré comme la norme de soins par presque tous les nouveaux médecins de famille, en intégrant les autres systèmes provinciaux touchant la santé.

Les bonnes choses ont besoin de soutien politique.

Des équipes de santé familiale ont commencé à se former. Nous avons participé activement à la création de ces équipes, qui sont considérées comme la voie de l’avenir par de nombreux médecins. Et les taux d’adoption des DME s’améliorent rapidement, grâce au nouveau programme provincial de DME dirigé par la SMNB et appuyé par les gouvernements fédéral et provincial.

Voici notre priorité par excellence pour régler le reste du problème : Pour accélérer l’accès aux soins, il nous faut un plus grand nombre de médecins de famille pour partager la charge de travail. Nous avons des données très médiocres au chapitre du nombre de médecins par habitant. Certaines statistiques révèlent que nous avons l’un des nombres parmi les plus bas, et certains estiment que nous nous situons au milieu du peloton. Or, nous savons que :

  • 81 % des Néo-Brunswickois sont satisfaits de leur médecin – ils sont plus satisfaits des services de leur médecin que de ceux du système global (65 %) ou des salles d’urgence (55 %).
  • Plus de trois quarts des patients estiment avoir assez de temps au cabinet du médecin pour discuter de leurs problèmes.
  • L’an dernier, 81 % des Néo-Brunswickois ont consulté leur médecin.

Nous demandons aux politiciens et aux dirigeants du système de santé d’adopter la priorité de recruter et maintenir 50 nouveaux médecins de famille avant la fin de 2018. L’ajout de médecins de famille – dix par année – permettra d’absorber toute la liste d’attente et d’accélérer l’accès aux  soins en répartissant mieux les patients entre les médecins de famille.

Pour ce faire, il nous faut une politique de recrutement consistant à retenir nos propres médecins résidents et nos étudiants en médecine, à maintenir chez nous les jeunes médecins néo-brunswickois hautement qualifiés et à faire du Nouveau-Brunswick une destination nationale attrayante pour les nouveaux médecins, qui ne se limite pas à défrayer la chronique.

Bien que les soins de santé primaires améliorés finissent par entraîner des économies de coût (en prévenant et en atténuant des problèmes de santé qui pourraient finir par coûter cher à la santé et au système), il y a un coût à payer pour ajouter des médecins de famille. Nous estimons que l’investissement sera de 12 millions de dollars par année avant la fin de 2018.

Le rendement généré par l’accès rapide aux médecins de famille permettra de réduire les 606 000 visites par année dans les salles d’urgence (chaque visite coûtant 83 $ pour un seul problème de santé la plupart du temps). Si nous évitions 5 % de ces visites, nous économiserions 2,5 millions de dollars par année. Et cela ne comprend pas l’utilisation réduite des cliniques sans rendez-vous ni la prévention et la prise en charge des maladies chroniques.