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Aucun aîné ne devrait être obligé d’habiter à l’hôpital

Nous croyons qu’aucun aîné au Nouveau-Brunswick ne devrait être obligé de faire de l’hôpital son « chez-soi ».

C’est un des trois enjeux majeurs évoqués par nos patients. Le besoin d’un plus grand nombre de médecins de famille et les temps d’attente à l’urgence sont les deux autres enjeux.

Au Nouveau-Brunswick, chaque jour, 300 aînés sont contraints de rester à l’hôpital. Faites-nous confiance, ils ne veulent pas être là, mais il n’y a pas d’endroit sécuritaire où ils puissent aller. Nous les appelons les patients « en attente d’un autre niveau de soins », et la plupart d’entre eux sont allés à l’hôpital en raison d’un problème de santé urgent. Par exemple, ils ont fait une chute ou sont dans un état de délire. Ils ont abouti à la salle d’urgence, ont été hospitalisés et doivent ensuite aller ailleurs.

Bien que quelques-uns de ces patients puissent rentrer chez eux s’ils ont l’aide adéquate, ou peuvent même aller dans un foyer de soins spéciaux, la réalité, c’est que nos jours au Nouveau-Brunswick, il faut être assez malade pour être hospitalisé. La plupart des aînés contraints de rester à l’hôpital ont un certain nombre de problèmes de santé, et un foyer de soins est l’endroit le plus convenable pour eux. Mais comme la province compte une des populations parmi les plus âgées au pays et que la demande de places dans les foyers de soins est élevée, les listes d’attente des foyers de soins sont très longues.

Pourquoi est-ce important?

Personne ne veut rester à l’hôpital contre son gré. Pour les aînés, c’est encore pire : des infections comme le C. difficile et le SARM peuvent être mortelles, et parfois, l’état de santé du patient s’aggrave en raison du manque d’activité sociale et physique. Les hôpitaux sont conçus pour les personnes qui sont vraiment malades et qui ont réellement besoin de se rétablir, et non pour les personnes en attente. Les lits utilisés par les patients en attente d’un autre niveau de soins ne peuvent pas être utilisés par les personnes qui en ont réellement besoin, comme les nombreuses personnes alitées dans les salles d’urgence (voir notre feuille de renseignements). Cela est incroyablement coûteux, surtout lorsqu’on sait que 25 % de tous les lits des hôpitaux de la province sont occupés par des patients en attente d’un autre niveau de soins, et que nous avons une des populations parmi les plus âgées au pays.

Les défis actuels

Ce n’est pas la faute de la grand-mère si elle est contrainte de rester à l’hôpital. Il est absurde de dire qu’elle monopolise un lit d’hôpital, car ce sont nos processus et nos ressources qui causent les goulots d’étranglement dans notre système. Nous sommes la cause de la monopolisation des lits, et non les aînés.

  • On pourrait dire que certains patients habitent à l’hôpital. Certains attendent une place dans un foyer de soins depuis plus d’un an. Dans certains de nos hôpitaux, la durée moyenne de 118 jours d’attente pour trouver un foyer de soins devient une moyenne de 4 mois.
  • Les lits dans les hôpitaux sont la manière la plus coûteuse de s’occuper du problème. Des rapports du gouvernement révèlent que nous pourrions économiser de 37 à 51 millions de dollars par année en réduisant la durée du séjour des patients en attente d’un autre niveau de soins.
  • Nos processus sont dysfonctionnels. Il est même difficile d’obtenir l’évaluation des besoins d’un aîné après son congé de l’hôpital. Actuellement, il faut attendre 54 jours pour obtenir cette évaluation.

Les grands-parents ne devraient pas habiter à l’hôpital. Nos aînés méritent mieux au crépuscule de leur vie.

Veiller à ce que les aînés aient accès aux bons soins est un problème complexe qui exige que les régies régionales de la santé, le ministère de la Santé, le ministère du Développement social et les fournisseurs de soins travaillent ensemble. Dans le but de sortir nos grands-parents et nos parents de l’hôpital, nous avons besoin de mesures concrètes pour :

  • Éliminer les processus redondants et les délais bureaucratiques entre le ministère de la Santé et le ministère du Développement social.
  • Élargir la portée de l’incroyable Programme extramural du Nouveau-Brunswick afin de veiller à ce que les aînés reçoivent l’aide nécessaire pour vivre le plus longtemps possible chez eux, heureux et en toute sécurité.
  • Mettre en œuvre le Système d’information sur les médicaments afin d’aider les fournisseurs de soins à éviter les dangers de la polypharmacie et des interactions des médicaments qui en découlent.

Les bonnes choses ont besoin de soutien politique.

Dévoilée récemment, la stratégie D’abord chez soi contient un certain nombre de bonnes idées et vise le groupe d’aînés hospitalisés qui pourraient rentrer chez eux s’ils avaient l’aide nécessaire. De plus, la stratégie vise à éviter d’admettre les aînés à l’hôpital. Ce sont de bonnes mesures, mais les médecins savent qu’ils traitent une proportion infime des patients en attente d’un autre niveau de soins. La plupart des patients en attente d’un autre niveau de soins sont trop malades pour rentrer chez eux, même avec de l’aide.

De plus, le gouvernement a accordé plus de permis de foyers de soins spéciaux et il rénove ou agrandit un certain nombre de foyers de soins.

Voici notre priorité par excellence pour régler le reste du problème : la meilleure manière de sortir de l’hôpital les aînés ayant des besoins de santé complexes est de leur offrir un meilleur endroit où aller. Bien que certains puissent être détournés des soins de longue durée, la vérité toute simple, c’est qu’il faut plus de places dans les foyers de soins au Nouveau-Brunswick.

Tous les lits de foyer de soins ne sont pas identiques. Les foyers de soins spéciaux sont d’une valeur inestimable pour un certain segment de la population, et ils ont attiré beaucoup d’attention au cours des dernières années. Mais pour de nombreux patients, une place dans un foyer de soins ordinaire est l’option la plus adéquate.

Nous sommes loin derrière la moyenne nationale quant à notre nombre de places en foyer de soins. Notre ratio de personnes âgées de plus de 75 ans et de places en foyer de soins est entre 78,6 et 81. Pour atteindre la moyenne nationale récente de 94, il faudrait 800 nouvelles places en foyer de soins.

Pour combler cette pénurie, le gouvernement provincial travaille déjà à l’ajout de 350 places, ce qui est un bon début.

Nous demandons aux politiciens et aux dirigeants du système de santé d’adopter la priorité d’ajouter 120 nouvelles places en foyer de soins par année avant la fin de 2018. Cela permettrait de trouver une place en foyer de soins pour les aînés sur la liste d’attente provinciale actuelle. Mais chaque année, la demande continuera à croître au rythme du vieillissement de notre population.

Nous croyons que cela améliorera la vie des aînés de toute la province et mettra fin aux problèmes occasionnés par les patients en attente d’un autre niveau de soins dans nos hôpitaux.

Pour ajouter ces lits partout dans la province, il faut un investissement considérable, mais cela pourrait également faire économiser annuellement des dizaines de millions de dollars au système hospitalier. Le coût de la construction d’un foyer de soins de 60 places est d’environ 15 millions de dollars. L’investissement annuel serait de 30 millions de dollars pour chacune de quatre années, et les dépenses de fonctionnement additionnelles seraient de 28 millions de dollars par année.

Le rendement est généré par les économies réalisées par le secteur hospitalier. En réduisant simplement le nombre de patients en attente d’un autre niveau de soins des régies régionales de la santé au niveau de la moyenne canadienne, le ministère de la Santé a estimé qu’il pourrait économiser 37 millions de dollars par année. Ce serait plus que compenser pour les dépenses de fonctionnement additionnelles du secteur de foyer de soins.